Vêtu comme un chambellan…

Publié le par chriscraft

Mozart écrit de Vienne à son père Léopold qu’il « fait des économies » !

Quand Vienne le trouve dans les cafés à jouer au billard et à vider des verres de punch jusqu’aux aurores ! Quand ses poches sont plus percées qu’un tamis et laissent couler les kreuzers comme de l’eau !

Economie, vraiment ? Alors que Wolfgang lui a annoncé, trois semaines plus tôt, que tout son argent a été converti en chemises et gilets de brocart, en bas de soie et chaussures luxueuses parce qu’il ne veut pas avoir l’air d’un gueux…Cet inventaire a décidément un arrière-goût d’insolence joyeuse et de provocation qui font bouillir Léopold.

 De son passé, Wolfgang n’a gardé que la nostalgie des jolis atours dont son père les paraît, sa sœur Nannerl et lui, avant d’aller les présenter dans les salons. Toute sa vie Wolfgang consacrera une grande partie de ses ressources à l’achat de ses tenues vestimentaires : gilets brochés, chemises de fine batiste, boutons en or et chaussures à lourdes boucles. Le tout trop voyant, trop ostentatoire, plus proche du chambellan que de l’aristocrate. Et lorsque viendra le temps de la mort dans la misère, son fidèle valet dénombrera encore, dans ses armoires, sept costumes complets de soie et de brocart .Mais hormis ce point de détail, il n’a cure de son passé. »

 

« Malgré les difficultés financières, on a placé dans sa chambre une armoire toute neuve pour ranger ces habits dont il raffole et dont il rapporte de paris quelques exemplaires à la mode. »

 

Extrait de Mozart, l’Itinéraire Libertin d’Eve Ruggieri, 2006

Publié dans La mante lit parfois

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