Albrecht Dürer et les animaux
Tout en se concentrant sur le nu masculin et féminin, Dürer ne perd jamais de vue le monde naturel. Ses dessins de zoologie et de botanique peuvent rivaliser avec ceux que Léonard réalisait à la même période.(…) Mais Dürer se concentre sur les animaux, les fleurs, les herbes et les paysages pour eux-mêmes, en les représentant dans leur réalité phénoménologique directe. En bref, il réalise systématiquement des observations sur l’environnement, comme autant de rubriques d’une fascinante encyclopédie de la nature. Cette curiosité envers les animaux accompagne Dürer tout au long de sa carrière : du porc monstrueux de Landser à la baleine échouée sur les côtes hollandaises, du cerf-volant au morse, le peintre allemand ne perd jamais une occasion pour étudier des bêtes extraordinaires ou des formes particulières.
Avec une extrême délicatesse, Dürer a fréquemment choisi, pour ses études naturelles, la technique de l’aquarelle qui confère aux dessins une finesse chromatique et une vraisemblance sans pareilles.
Sangliers Elan, 1504, british Museum. Ce dessin aquarellé montre
L’importance que Dürer attachait aux études animalières :
Il remonte à 1504, mais le peintre y a rajouté, quinze ans plus ard, une brève inscription, son monogramme et la date de
1519, preuve qu’il gardait ce dessin par-devers lui, en l’utilisant
pour des comparaisons et des esquisses.

